4ième Forum mondial de l’eau

Un plan d'action pour la protection de l'eau (PDF)

Troisième Forum mondial de l’eau

 

4ième Forum mondial de l’eau

Les activistes et les multinationales se réunissent au Forum mondial de l’eau à Mexico

Lorsque la Déclaration des droits de l’homme des Nations Unies a été rédigée il y a plus de 50 ans, l’eau n’apparaissait pas sur la liste des droits. Le raisonnement était simple : l’eau, tout comme l’air, était si essentielle à la vie que d’en faire un droit semblait redondant.

Les temps ont changé.

Malgré notre dépendance quotidienne, l’accès à l’eau n’est pas universel, ni garanti. Des 6 milliards de personnes au monde, au moins 1,5 milliard d’entre elles n’ont pas accès à l’eau potable et 4 autres milliards ne bénéficient pas de services sanitaires adéquats. Dans les pays en développement, un enfant meurt toutes les 15 secondes de maladies facilement évitables, reliées à l’eau.

Au niveau international, des entreprises privées ont dévié le droit à l’eau afin d’exploiter un besoin mondial et remplir leurs goussets. La privatisation de l’eau a connu de tels ratés que des pays comme la Bolivie et l’Uruguay ont déclaré que l’eau n’était pas une marchandise et qu’elle devait être fournie par un système public, à but non lucratif.

Alors que des milliers de personnes se réuniront au 4ième Forum mondial de l’eau à Mexico du 16 au 22 mars, les représentants gouvernementaux auront un choix à faire : conserver l ‘eau pour la population et la nature, ou la vendre au plus offrant. Quoique le Forum mondial de l’eau donne l’impression de vouloir régler une crise mondiale, en réalité les entreprises qui ont le plus à gagner domineront l’événement. À se demander quel ordre du jour prévaudra…

Grand parleur, petit faiseur

Plusieurs personnes croient que le droit à l’eau pour tous émergera du Forum mondial de l’eau. Le Conseil mondial de l’eau, qui organise l’événement, a fait en sorte que Mexico réponde en tous points aux attentes du citoyen moyen en ce qui a trait à une discussion internationale sur l’eau. Il a adopté le slogan « Actions locales pour un défi mondial » et fait appel aux plus récentes statistiques sur la crise mondiale de l’eau. Ceux qui peuvent payer les frais d’inscription de 600 USD sont bienvenus et le président Vicente Fox a réitéré que tous les intervenants étaient les bienvenus.

La réalité est tout autre cependant. Le Conseil mondial de l’eau est dominé par la Banque mondiale, les grandes entreprises et les ministères des pays développés. Le lobby en faveur de la privatisation est bien représenté au Forum et continuera de résister à toute tentative voulant que l’eau soit retirée du marché.

Le gouvernement canadien ne fait guère mieux. Lors du 2ième Forum à La Haye en 2000, et du 3ième Forum à Kyoto en 2003, le Canada a refusé de déclarer l’eau comme droit fondamental. En 2002, le Canada était le seul pays à s’opposer à une résolution du Comité des droits de la personne des Nations Unies visant la nomination d’un rapporteur spécial afin de promouvoir le droit à l’eau en ces termes : « le Canada n’accepte pas le droit à l’eau potable et aux services sanitaires ».

L’alternative citoyenne

Depuis des mois, une communauté internationale d’organismes, dont le Projet Planète Bleue du Conseil des Canadiens, se réunit afin d’organiser un forum alternatif à celui du Conseil mondial de l’eau. Des activistes et des organismes du monde entier se réuniront à Mexico du 16 au 22 mars afin de participer à un forum citoyen sur l’eau, et de faire la promotion d’une campagne mondiale sur le droit à l’eau. Le but est d’étudier des systèmes alternatifs à la privatisation et de continuer à faire avancer un traité international qui garantirait le droit à l’eau. On y trouvera notamment un Tribunal de l’eau, une instance quasi judiciaire qui condamnera les gouvernements et les entreprises pour certains des abus les plus criants dans la gestion de l’eau.

Au Canada, des activistes ont prévu des événements locaux afin de mettre l’eau à l’ordre du jour du nouveau gouvernement fédéral. Le 22 mars est la Journée mondiale de l’eau, l’occasion idéale de sensibiliser le public à ce problème croissant et de faire valoir le principe selon lequel l’eau est un droit fondamental et devrait rester du domaine public.

Pour plus d’information sur le Projet Planète bleue du Conseil des Canadiens et la campagne pour le droit à l’eau, veuillez composer le 1-800-387-7177, ou visiter les sites Web www.canadians.org ou www.blueplanetproject.net.

 

 

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