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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
POUR DIFFUSION IMMÉDIATE
le 5 juin 2005

UN RÉCENT RAPPORT INDIQUE QUE L’ENTREPRISE BECHTEL REPRÉSENTE UNE
MENACE POUR L’ENVIRONNEMENT, LES DROITS HUMAINS ET
LES SERVICES ESSENTIELS EN IRAK

Les contribuables américains financent aveuglément le mercantilisme et le copinage des
entreprises dans la période d’après-guerre en Irak, dénoncent des groupes d’intérêt public

SAN FRANCISCO, Californie — Le Groupe Bechtel Inc., une des principales firmes retenues pour les contrats de reconstruction de l’Irak, a une histoire vieille de cent ans pour ses tactiques spéculatives, son recours à des technologies écologiquement non durables et ses profits faramineux réalisés aux dépens des populations et de l’environnement, mentionne un rapport dévoilé aujourd’hui par les organisations Public Citizen, Global
Exchange et CorpWatch. Le dévoilement de ce rapport coïncidait avec le jour d’actions directes dans l’ensemble du pays pour protester contre la présence de la firme Bechtel en Irak. Ce rapport conclut qu’il faut empêcher l’administration Bush de distribuer des contrats au compte-gouttes à des firmes qui ne le méritent pas et avec lesquelles elle a des liens très serrés, comme Bechtel et Halliburton.

Le rapport intitulé Bechtel: Profiting from Destruction, présente des études de cas tirées des expériences passées de Bechtel relativement aux secteurs de l’eau, du nucléaire, de l’énergie et des travaux publics. Le rapport dépeint le bilan des initiatives de la firme Bechtel qui ont été néfastes pour l’environnement, les droits de la personne et sa mauvaise gestion financière de projets qui a eu des répercussions sur des populations à l’échelle mondiale et qui n’annonce rien de bon pour la population irakienne.

« Si l’on avait tenu compte du non-respect de l’environnement et des droits des consommateurs, Bechtel n’aurait jamais obtenu de contrat aussi important en Irak, » a déclaré Sara Grusky, organisatrice principale de Public Citizen. « Le peuple américain finance ce contrat par leurs impôts, mais n’a pas le droit de savoir à quoi sert son
argent. »

Le 17 avril dernier, Bechtel s’est vu accorder 34,6 millions de dollars pour un contrat de reconstruction d’une période de 18 mois en Irak d’une valeur de 680 millions $, afin de rétablir, reconstruire et élargir les principaux éléments de l’infrastructure irakienne, dont les réseaux électriques et les réseaux de gestion de l’eau et d’égout.

Le contrat a été accordé à la suite d’un processus limité de soumissions à l’insu du grand public et maintenu secret même du Congrès.

« Ce contrat a trait aux profits et non à des actions humanitaires, a déclaré Maria Elena Martinez, directrice générale de CorpWatch. Le peuple irakien est dans une situation désespérée grâce au gouvernement américain, et voilà que pour y remédier on a affaire à une entreprise américaine qui pourra récolter des centaines de millions de dollars. Voilà un exemple typique du va-et-vient entre les grandes entreprises et le gouvernement – dans ce cas-ci avec les membres du conseil d’administration de Bechtel et des cadres supérieurs du gouvernement. »

Survol des malversations de Bechtels :

  • En Papouasie-Nouvelle-Guinée, Bechtel a été partenaire dans la construction de la plus importante mine d’or du monde en 1970. La mine déverse quotidiennement des centaines de milliers de tonnes de déchets toxiques, issus de ses opérations, directement dans les rivières locales. En 2000, un accident touchant un dépotoir a fait quatre morts.

  • Des groupes oeuvrant pour l’environnement et les droits de la personne ont allégué que Bechtel, en partenariat avec Shell appelé InterGen, a contourné les lois environnementales américaines pour construire une centrale électrique sur la frontière mexicaine dans l’unique but d’exporter de l’électricité vers les États-Unis. La firme Rosita InterGen située à Mexicali, Baja en Californie, dont Bechtel est en partie propriétaire, a fait l’objet d’un jugement, le 6 mai 2003, stipulant que le ministère américain de l’Énergie et le bureau de gestion des terres avaient agi illégalement afin d’accorder des permis à InterGen pour construire cette centrale.

  • En 1999, à Cochabamba, en Bolivie, Aguas del Tunari, filiale de Bechtel, a soulevé des tollés de protestation qui ont paralysé la ville lorsque celle-ci a décidé de privatiser le système de gestion de l’eau et d’imposer par la suite des hausses massives des prix, faisant ainsi en sorte que nombre de citoyens et citoyens sont incapables d’acheter de l’eau. Les Nations Unies ont déjà déclaré que l’eau est un droit de la personne -- Bechtel a violé cette résolution internationale en privant la population de son droit d’accès à l’eau. Les protestations de la population ont forcé le gouvernement bolivien à annuler le contrat avec Bechtel; celle-ci poursuit maintenant ce pays devant un tribunal de la Banque mondiale pour pertes de profits d’un montant de 25 millions $.

  • Aux centrales nucléaires de Palisades, Michigan; Humboldt Bay, Californie; Three Mile Island, Pennsylvanie; San Onofre, Californie et Davis-Besse, Ohio, Bechtel avait participé à quelques revers commerciaux fort bien connus relativement à l’industrie nucléaire américaine.

  • Au Nevada, Bechtel a obtenu un contrat pour la gestion d’un entrepôt de déchets nucléaires à Yucca Mountain, un site sacré pour le peuple Shoshone de l’Ouest et faisant l’objet d’une dispute longue d’une décennie entre le gouvernement américain et des Autochtones américains. Sur ces mêmes terres, Bechtel gère un site d’essai et de contre-terrorisme où l’on construit et met à l’essai des armes nucléaires, biologiques et chimiques. Les opérations de ces installations ainsi que leurs effets sur l’environnement et la santé ont suscité les protestations incessantes des Autochtones américains et des groupes oeuvrant pour la défense de l’environnement et le désarmement.

  • À Boston, la mauvaise gestion et les surcharges de Bechtel ont été sans précédent. La firme a conçu et géré le projet du tunnel Boston Central Artery, connu également sous l’appellation « The Big Dig ». Ce projet financé
    par les fonds fédéraux représente le projet de génie civil le plus coûteux jamais entrepris par les États-Unis. Estimé à 2,5 milliards $ en 1985, il a maintenant atteint 14,6 milliards $ en 2003.

  • En 2002, à San Francisco, le conseil de surveillance a graduellement retiré avant la date d’achèvement un contrat de gestion à la firme Bechtel visant la mise à niveau du réseau de gestion de l’eau de la ville. Bechtel a été accusée d’effectuer des travaux non nécessaires et de gonfler ses prix, exigeant le paiement de dizaines de milliers de dollars en dépenses personnelles.

La rapport traite également des expériences de Bechtel en Irak, où la compagnie a fait des pressions pour obtenir un contrat de pipeline pétrolier dans les années 1980 au moment même où Saddam Hussein commettait ses pires atrocités contre le peuple irakien. Bechtel a été nommée par le gouvernement Hussein comme l’une des entreprises américaines qui fournissaient du matériel pouvant servir à la confection d’armes.

« Bechtel a démontré une corruption morale éhontée en contribuant d’abord au développement d’armes irakiennes et à la promotion de la guerre contre l’Irak, et en profitant de la tragédie et de la destruction entraînées par la guerre, » a affirmé Andrea Buffa, coordonnatrice de la campagne pour la paix de Global Exchange. « Voilà un exemple classique de mercantilisme. Le présent rapport répond à la question : Que reproche-t-on à la compagnie Bechtel? »

Voici quelques recommandations du rapport :

  • Mettre en oeuvre une reconstruction démocratique en Irak, menée par le peuple irakien avec l’aide d’institutions internationales comme les Nations Unies.
  • Ouvrir et rendre transparent le processus de présentation de soumissions pour les contrats accordés par le gouvernement américain en Irak et ailleurs.
  • Les compagnies soumissionnaires pour les contrats du gouvernement américain doivent montrer un bilan satisfaisant d’intégrité et d’éthique des affaires.

Pour consulter le rapport complet, visitez le site http://www.citizen.org/documents/profilebechtel.pdf. Il sera possible d’en obtenir des exemplaires lors des manifestations de Washington (D.C.) et de San Francisco. Les
entrevues en langue espagnole sont possibles sur demande.

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CONTACTS :
Le 5 juin 2003 Sara Grusky, Public Citizen (202) 454-5133
Maria Elena Martinez, Corpwatch (510) 849-2874
Andrea Buffa, Global Exchange (510) 325-3653

 

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