Appel au désinvestissement

Considérant que

  • Les activités d’extraction minière dont il est question se déroulent sans le consentement préalable des populations affectées, consentement que l’État guatémaltèque aurait du impérativement obtenir en vertu du droit international;
  • Les activités d’extraction se poursuivent malgré l’opposition généralisée des communautés concernées, qui a été clairement exprimée à travers les consultations populaires et par des recours légaux, déclarations, communiqués et manifestations;
  • Le Guatemala est un pays peu respectueux des droits humains, où règne de façon généralisée l’impunité, et qui n’offre pas de réel recours contre les agissements illégaux qui seraient commis par les entreprises étrangères;
  • L’opposition à l’industrie minière qui existe au Guatemala reçoit fréquemment une réponse répressive de la part des autorités étatiques ou encore de la part des entreprises minières elles-mêmes, mettant en danger la vie de citoyen-ne-s et ayant déjà fait plusieurs victimes parmi les défenseurs des droits humains.
  • Les entreprises opérant les projets Escobal, Cerro Blanco, Marlin et Chocoyos, soit Goldcorp et Tahoe Resources, sont enregistrées chez nous, au Canada, et inscrites à la Bourse de Toronto;
  • À l’heure actuelle, le cadre juridique canadien ne permet pas, lui non plus, de se prémunir contre des agissements illégaux ou abusifs commis à l’étranger par des entreprises canadiennes, malgré les efforts réalisés en ce sens pour tenter de l’améliorer;
  • Une part importante du financement des entreprises Goldcorp et Tahoe provient des citoyen-ne-s canadiens dont les avoirs sont investis par le biais de plusieurs institutions, notamment plusieurs banques, fonds communs de placements et fonds de pension publics;
  • Les investisseurs détiennent un rôle clé dans cet ensemble d’efforts entrepris pour faire cesser les violations de droits humains et la destruction environnementale attribuée aux entreprises canadiennes Goldcorp et Tahoe Resources au Guatemala; le moment est particulièrement bien choisi pour que les investisseurs se mobilisent, alors que le projet Chocoyos de Goldcorp n’a pas débuté l’extraction de métaux et peut encore être freiné;
  • Pour leur part, la Caisse de Dépôt et de Placement du Québec et l’Office d’Investissement du Fonds de pensions du Canada sont tous deux dotés de principes d’éthique, concernant les standards de droits humains et de respect de l’environnement qui devraient guider leur choix d’investissements. Malgré ces principes, l’argent de plusieurs millions de contribuables québécois et canadiens est investi dans Goldcorp et Tahoe via ces deux institutions. 

Le Projet Accompagnement Québec Guatemala et le Conseil des Canadiens lancent une campagne appelant au désinvestissement par laquelle les organismes :

→ Encouragent les citoyen-ne-s à se conscientiser et se sentir concernés par les agissements des entreprises canadiennes à l’étranger, et à exiger d’elles des pratiques respectueuses des droits humains au Guatemala et ailleurs;

→ Invite les individus et groupes à agir en ce sens, en désinvestissant de ces entreprises, ou en encourageant les diverses institutions qui gèrent leurs fonds et ̸ ou perçoivent leurs cotisations à désinvestir de ces entreprises;

→ Demande aux institutions publiques et privées, notamment étant donné les principes éthiques dont se sont dotées certaines de ces institutions, de retirer l’argent des contribuables actuellement investi dans les entreprises Goldcorp et Tahoe Resources.