Le désinvestissement comme moyen d’action

Vous êtes au cœur de la solution

En harmonisant votre indignation avec la gestion de vos avoirs investis, vous pouvez devenir un acteur-clé dans la défense des droits humains au Guatemala!

Le désaccord des populations concernées et les impacts documentés des projets miniers de Goldcorp et Tahoe Resources au Guatemala ont de quoi soulever l’indignation : aucun doute, la situation exige que des actions soient entreprises pour stopper les violations de droits humains et les dommages environnementaux inacceptables observés en lien avec les projets miniers. Le combat est mené sur tous les fronts à la fois, des démarches juridiques et législatives au Canada, au Guatemala ou devant les tribunaux internationaux, jusqu’aux rapports d’experts, en passant par les initiatives politiques et manifestations des communautés mayas. Toutes ces stratégies sont vitales et pertinentes, mais les obstacles sont également nombreux, puisque derrière l’impunité des sociétés minières se cachent des intérêts économiques puissants. Le nerf de la guerre demeure l’argent! Le désinvestissement est une façon d’exprimer un désaccord, qui consiste à retirer sa participation financière à une entreprise dont nous n’endossons pas les comportements ou que nous voulons inciter à modifier ses comportements. Cette stratégie de mobilisation, comme le boycott, encourage les consommateurs, contribuables, citoyens, à prendre conscience de ce que leurs achats ou investissements encouragent, et à agir en cohérence avec ce principe de responsabilité.59 Le désinvestissement peut s’avérer particulièrement efficace et accessible pour contribuer au changement concernant les agissements des minières canadiennes à l’étranger.60

Plusieurs campagnes de boycott et de désinvestissement ont porté fruit dans l’histoire : le boycott des raisins de la Californie dans les années 60 et 70, qui contribua largement à l’avancement des droits des travailleurs des vignobles; le boycott de Nestlé dans les années 1980, qui força la compagnie à abandonner la commercialisation de substituts laitiers dangereux dans les pays en développement; les campagnes de boycott et de désinvestissement des années 1990 qui contribuèrent à la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud.61 La stratégie de désinvestissement est déjà mobilisée depuis quelques années contre les violations des droits humains engendrés par les activités extractives d’entreprises canadiennes. Grâce à la pression populaire exercée lors des campagnes de sensibilisation, de plus en plus d’institutions d’investissement prennent compte de nouveaux facteurs « extrafinanciers » comme le respect de l’environnement et des communautés locales, pour choisir d’investir ou de désinvestir leurs fonds.62 En 2009, le gouvernement norvégien décidait d’exclure la manière canadienne Barrick Gold de son fonds d’investissement, considérant qu’elle menait à l’étranger des activités « qui comportent un risque inacceptable de dommages majeurs et irréversibles à l’environnement ». En 2012, le Fonds Environnement des Caisses Desjardins lui emboîtait le pas en désinvestissant de Barrick Gold. En juillet 2013, le Régime de pensions du Canada retirait ses avoirs de la canadienne Excellon Resources, minière canadienne impliquée dans de graves conflits au Mexique.63


  1. Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits, http://www.irnc.org/ 

  2. Coalition d’investissement juste, Université d’Ottawa, en ligne : http://coalitionjuste.com/ 

  3. Harvard University Institute of Politics, Does divestment work?, article de Eric Hendey, 2013, en ligne: http://www.iop.harvard.edu/does-divestment-work 

  4. Il n’y a qu’à observer l’augmentation des signataires de l’Initiative onusienne des Principes pour l’Investissement Responsable : en ligne http://www.unpri.org/ 

  5. United Steelworkers, Canada pension plan divest from Excellon Resources, 18 juillet 2013, en ligne: http://www.usw.ca/media/news/releases?id=0885