L’eau comme principale « victime » de l’industrie extractive

Les projets d’extraction de métaux précieux à ciel ouvert affectent principalement l’eau en la contaminant de produits chimiques et toxiques.20 Cette pollution affecte de diverses manières la vie humaine et l’environnement. Ce n’est pas sans raison que les populations opposées aux mégaprojets miniers rappellent sans relâche que l’eau vaut plus que l’or.

En effet l’extraction de minerai se fait à travers des processus de flottation ou de lixiviation dans lesquels sont utilisés des solvants hautement toxiques et de grandes quantités d’eau. Non seulement les solvants utilisés se retrouvent dans cette eau qui est acheminée dans les sols agricoles et les cours d’eau vitaux pour les populations humaines et le bétail, mais parfois certaines sources d’eau sont aussi littéralement asséchées. Les mines à ciel ouvert requièrent également de vastes bassins de rétention dans lesquels est retenue l’eau contaminée aux métaux lourds. Ces bassins peuvent faire l’objet d’accidents comme des fuites ou des déversements21.

Au Guatemala, la pollution de l’eau par les projets extractifs est un problème majeur, particulièrement autour de la mine Marlin de Goldcorp. Un rapport de la Commission pastorale pour la paix et l’écologie (COPAE)22 a révélé qu’aux alentours de cette mine, la concentration en aluminium, nitrates, arsenic et manganèse dans l’eau de consommation des populations dépassait largement les limites acceptables. La concentration dangereuse de métaux lourds a également été observée dans le sang et l’urine des habitants 23, et peut être associées à de nombreuses conséquences aussi documentées sur la santé humaine, allant de l’empoisonnement à l’insuffisance rénale, en passant par le cancer et les maladies cutanées24.

Au delà des dommages environnementaux extrêmement préoccupant, c’est aussi le droit à l’eau des communautés qui est bafoué. Intimement relié au droit à la vie, le droit à l’eau est un droit humain fondamental reconnu par de nombreux instruments juridiques et par les Nations Unies, et que les États ont le devoir de protéger.25 Dans le cas du Guatemala, la pression exacerbée qu’exercent les projets extractifs sur l’eau met en péril la vie de milliers de personnes et contribue à une détérioration majeure de l’environnement.


  1. FEPS Fondation de l’Eau potable sûre, rapport Exploitation minières et la pollution de l’eau, rapport en ligne : http://www.safewater.org/PDFS/knowthefacts/frenchfactsheets/exploitationminierepollutioneau.pdf 

  2. FEPS Fondation de l’Eau potable sûre, rapport Exploitation minières et la pollution de l’eau, rapport en ligne : http://www.safewater.org/PDFS/knowthefacts/frenchfactsheets/exploitationminierepollutioneau.pdf 

  3. Comisión Pastoral Paz y Ecología (COPAE), Tercer informe anual de monitoreo y análisis de la calidad del agua, pp. 37-38, Guatemala, août 2010. 

  4. Physicians for Human Rights, Scientists find Elevated levels of potentially Toxic Metals in some Guatemalans living near Canadian-owned mine, communiqué du 18 mai 2010, en ligne: http://physiciansforhumanrights.org/press/press-releases/news-2010-05-18-english.html#sthash.gBXkAfSj.dpuf 

  5. Silvia Gonzalez, Impactos ambientales y en la salud humana de la minería a cielo abierto para la extracción de oro utilizando lixiviación con soluciones de cianuro, en ligne: http://conflictosmineros.net 

  6. Nations Unies, Conseil des droits de l’homme, Le droit à l’eau et l’assainissement, en ligne : http://www.ohchr.org/FR/Issues/ESCR/Pages/Water.aspx